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Lundi 31 Décembre 2007

 
 
Anatomie des organes des sens
 

 
 
 
 
 
 
 

 

 

Anatomie des organes des sens

 

 

 

 

 

 

 

 

 


            Anatomie de l'oreille

 

 



L'oreille comprend 3 parties (voir figure 1 ci-dessous) :


- l'oreille externeavec le pavillon et le conduit auditif fermé par une membrane élastique (comme celle d'une peau de tambour)
- l'oreille moyenne qui contient les osselets reliant le tympan à la fenêtre ovale et assurant la transmission des vibrations du tympan. Elle se présente comme une cavité prolongée en avant par la trompe d'Eustache qui aboutit dans le pharynx, à chaque déglutition elle assure l'équilibre de pression entre l'oreille moyenne et l'extérieur, condition indispensable à la mobilité du tympan : son obstruction par les végétations adénoïdes chez l'enfant pourra être la source d'infections : les otites moyennes ; son obstruction lors d'un rhume diminue les capacités auditives.
En arrière l'oreille moyenne communique avec les cellules mastoïdiennes creusées dans l'os temporal, la mastoïdite correspond à leur infection.
- l'oreille interne, de forme complexe et agrandie sur la figure 1
Elle comprend une cavité rigide de forme complexe, le labyrinthe osseux, dans laquelle flotte un organe souple et creux de forme comparable : le labyrinthe membraneux. Il contient deux liquides, l'endolymphe et la périlymphe.
L'endolymphe occupe la cavité interne du labyrinthe membraneux et, la périlymphe l'espace qui le sépare du labyrinthe osseux. Deux membranes s'opposent à l'écoulement de la périlymphe dans l'oreille moyenne : la fenêtre ovale, déjà citée, et la fenêtre ronde.

 




Le labyrinthe est formé de deux parties : le limaçon et le vestibule.

Le vestibule membraneux comprend deux cavités arrondies, l'utricule et le saccule, et trois canaux semi-circulaires situés dans trois plans perpendiculaires Son rôle est capital dans l'équilibre. Les canaux semi-circulaires occupent la plus grande partie de l'oreille interne. Chaque canal contient un liquide et des cils sensitifs reliés à des cellules réceptrices qui transmettent les informations au cervelet. Son dysfonctionnement serait impliqué dans la maladie de Méniére.

Les récepteurs vestibulaires comprennent deux taches situées, l'une dans l'utricule, l'autre dans le saccule, et trois crêtes situées dans des ampoules occupant la base des canaux semi-circulaires
voir figure 2 et 3 ci-dessous :

 




Les récepteurs vestibulaires sont sensibles à la pesanteur, et la disposition des canaux semi-circulaires dans trois plans perpendiculaires est en rapport avec l'espace à trois dimensions. Si notre tête occupe une position inhabituelle, les influx vestibulaires tendent, par voie réflexe, à rectifier cette position. Privé de ses labyrinthes l'homme serait incapable de se tenir debout.
Les récepteurs vestibulaires sont également sensibles aux accélérations, c'est-à-dire aux variations (positives ou négatives) de la vitesse. D'où les troubles en tournant sur soi-même, ou dans un ascenseur lors du démarrage ou de l'arrêt. Ces impressions sont dues aux déplacements de l'endolymphe et à l'excitation des récepteurs qui en résulte.
En revanche, une vitesse constante (accélération nulle) laisse totalement insensible.

Le limaçon, ou cochlée (voir figure 4), a la forme d'un petit Escargot dont la spirale décrit un peu plus de deux tours et demi. Deux membranes divisent sa cavité en trois parties :
la rampe vestibulaire, aboutissant à la fenêtre ovale
la rampe tympanique, aboutissant à la fenêtre ronde, et communiquant entre elles au sommet et renfermant de la périlymphe
Le canal cochléaire, situé entre les deux rampes, renferme de l'endolymphe.
Le récepteur cochléaire, ou organe de Corti, est porté par une lame épaisse, la membrane basilaire, qui sépare le canal cochléaire de la rampe tympanique.



La membrane basilaire comprend une partie osseuse dans l'épaisseur de laquelle est logée le ganglion spiral de Corti, et une partie souple qui renferme des fibres élastiques transversales. La largeur de la bande souple (et, par suite, la longueur des fibres qu'elle contient) s'accroît régulièrement de la base au sommet du limaçon.
L'organe de Corti est une bande sensorielle hélicoïdale, faite de cellules en rapport avec des neurones dont les corps cellulaires sont situés dans le ganglion spiral de Corti et dont les axones se regroupent en formant le nerf cochléaire.

Les nerf cochléaire et vestibulaire s'unissent en donnant le nerf auditif ou VIII
Il existe environ 30 000 fibres nerveuses dans chaque oreille. Ces fibres transmettent des signaux au tronc cérébral et au cortex auditif du cerveau.


Le récepteur cochléaire et l'audition :


La chaîne des osselets transmet les vibrations du tympan à la fenêtre ovale en les amplifiant. Il en résulte un mouvement de va-et-vient de la périlymphe (chaque fois que la fenêtre ovale se déprime, la fenêtre ronde se bombe, et inversement) qui déforme le canal cochléaire et fait vibrer les fibres élastiques de la membrane basilaire.
La vibration d'un groupe de fibres élastiques de la membrane basilaire excite le segment l'organe de Corti situé à son contact. Il en résulte un influx nerveux.

 

 

           Anatomie de l'oeil

 

 




La longueur normale d'un oeil est de 24 mm.

L'iris donne la coloration de l'oeil, son orifice central au diamètre variable (la pupille) contrôle le flux de lumière pénétrant dans l'oeil tel le diaphragme d'un appareil photo.

La cornée est une membrane transparente très sensible et très fragile.

La conjonctive constitue le blanc de l'oeil.

Le cristallin est une lentille qui par sa déformation permet l'accommodation.

La glande lacrymale secrète les larmes

La rétine tapisse le fond de l'oeil, elle est constituée de cellules photosensibles. Sa couleur est rosée. On individualise :
1- la papille d'un diamètre de 1,5 mm qui correspond à la naissance du nerf optique qui amène l'image au cerveau. C'est de cette papille qu'émerge l'artère centrale de la rétine et où convergent les veines rétiniennes.
2- la macula, à 1,5 mm de la papille, est le lieu où convergent les rayons lumineux, c'est l'axe optique de l'oeil. Elle est plus foncée que le reste de la rétine et est constituée de cellules appelées cônes. Son rôle est capital dans la vision diurne, l'acuité visuelle centrale (lecture) et dans la vision des couleurs.
3- la rétine périphérique s'étend vers la périphérie en étant de moins en moins riche en éléments nerveux. Elle est constituée de cellules appelées bâtonnets. Elle est responsable de la vision nocturne et de la vision dans le champ visuel périphérique.

 



La mobilité de l'oeil



La mobilité de l'oeil est assurée par 6 muscles : 4 droits et 2 obliques.
La paralysie d'un ou de plusieurs de ces muscles entraînera un strabisme dont ce n'est pas la seule cause, et à contrario l'intervention sur ces muscles pourra corriger certains strabismes.

          Le nez et l'olfaction

 

 

 


 

Les fosses nasales constituent l'étage supérieur des voies respiratoires : elles s'ouvrent à la fois vers l'extérieur (narines) et vers le pharynx (narines internes, ou choanes). Elles ont une forme irrégulière due à l'existence de trois cornets osseux, et communiquent par de petits orifices avec les sinus des os avoisinants : frontal, ethmoïde, sphénoïde, maxillaires.

La muqueuse qui tapisse les fosses nasales est riche en vaisseaux sanguins, d'où sa couleur rose. Elle renferme de nombreuses glandes à mucus qui la maintiennent constamment humide. Cette muqueuse réchauffe, humidifie et filtre partiellement l'air inspiré.

A la muqueuse rose s'oppose la muqueuse jaune, à rôle sensoriel. Celle-ci forme sur le cornet supérieur une tache de l'ordre du centimètre carré. Elle est pauvre en vaisseaux et en glandes, mais elle contient les terminaisons nerveuses du nerf olfactif
Cette zone olfactive est sensible à certaines substances solubles dans le mucus nasal. Quand le mucus est rare (par temps sec), l'olfaction est moins bonne. Quand, au contraire, le mucus est trop abondant (en cas de rhume), l'odorat disparaît quasiment.

 



Cet odorat permet de contrôler l'air inspiré. En réalité, ce contrôle est très imparfait : ainsi l'oxyde de carbone est parfaitement inodore. De plus il est très variable d'une personne à l'autre et selon les circonstances : par exemple il est augmenté lors de la grossesse et avant les règles et diminué chez le fumeur ou avec certains médicaments.
D'autre part, l'odorat joue un rôle majeur dans la gustation, les aliments sont plus sentis que véritablement goûtés.

L'inflammation de la muqueuse nasale (rhume) peut se communiquer aux sinus voisins (sinusite). Chez les enfants ou chez les personnes qui se mouchent trop violemment et ne prennent pas la précaution de souffler d'une narine, puis de l'autre, l'infection gagne la trompe d'Eustache, d'où elle peut atteindre l'oreille moyenne (otite) et même les cellules mastoïdiennes (mastoïdite)

 

          La langue et la gustation

 

 




La langue est un muscle très mobile recouvert d'une muqueuse rose constamment humide, la surface est tapissée de papilles sensorielles, les unes tactiles, les autres gustatives.



Il y a deux sortes de papilles gustatives :
- les papilles caliciformes, au nombre de neuf à douze, formant le V lingual
- les papilles fongiformes, petites et nombreuses, situées en avant du V et le long de ses branches.
Papilles caliciformes et fongiformes renferment des bourgeons gustatifs en relation avec le nerf du goût.
De même il existe deux sortes de papilles tactiles : les papilles filiformes et corolliformes.



Les bourgeons gustatifs sont sensibles à certaines substances liquides ou solides solubles dans la salive.
La gamme des saveurs se réduit à quatre seulement : amer, sucré, salé, acide.
Chacune d'elles correspond à une zone sensible de la langue et, probablement, à un certain type de bourgeon du goût.



Ce manque de diversité des saveurs est compensé par l'intervention d'autres sens :
- le bouquet des vins, l'arôme du café donnent des sensations olfactives.
- les saveurs farineuses sont en réalité des sensations tactiles
- les saveurs croustillantes ou gazeuses sont des sensations tactiles et auditives.
- les saveurs fraîches ou brûlantes sont des sensations thermiques.
Toutes ces stimulations sensitives s'ajoutent pour donner du goût aux aliments et déclencher par voie réflexe la sécrétion de la salive et du suc gastrique.

Le sens du goût s'affine avec l'habitude et avec l'âge, en quelque sorte il faut de l'entraînement.
Il s'affaiblit par l'abus des mets épicés, de l'alcool et du tabac, dans certaines circonstances (médicaments, mycose de la bouche, rhume, etc...).
Il augmente avec certaines substances telles le glutamate qui, ajouté à certains aliments (aliments préparés, en sachets ou en boîtes), abaisse le seuil d'excitabilité des récepteurs gustatifs.

 

 

 

 

 

Anatomie du système nerveux

 

 

 

 


            Anatomie de la moelle épinière

 




Attention, à ne pas confondre avec la moelle osseuse qui fabrique les globules et autres cellules sanguines !!
Au point de vue anatomique, on distingue
-Le système nerveux central, ou névraxe, comprenant l'encéphale et la moelle épinière
-Le système nerveux périphérique, comprenant des nerfs et des ganglions



Le névraxe est logé dans la cavité crânienne et dans le canal rachidien (moelle épinière). Il est protégé et nourri par les méninges et le liquide céphalo-rachidien.

Les méninges sont au nombre de trois : la dure-mère est une membrane épaisse et résistante, appliquée contre la paroi osseuse ; L'arachnoïde, filamenteuse, est baignée de liquide céphalo-rachidien; la pie-mère, fine et richement vascularisée, est appliquée contre les centres.

La moelle épinière est un cordon blanc de 1 cm de diamètre et de 50 cm de longueur. Elle présente deux renflements correspondant à l'émergence des membres et se termine en pointe au niveau de la deuxième vertèbre lombaire.

A la moelle épinière sont reliés les nerfs rachidiens, qui comptent 31 paires. Chaque nerf présente deux racines :
l'une, postérieure : sensitive, comprend le ganglion spinal ;
l'autre, antérieure : motrice, est dépourvue de ganglion.
Tous les nerfs rachidiens sont donc mixtes : moteurs et sensitifs.
Ils s'unissent souvent en un fouillis inextricable en formant des plexus (plexus cervical, dorsal, lombaire, sacré).
On comprend donc que la section de la moelle entraîne une paralysie et une insensibilité en dessous du niveau de la section.



en coupe transversale, la moelle épinière montre deux régions

-Au centre, la substance grise forme, autour du canal de l'épendyme, une colonne ininterrompue dont la section a la forme d'un H bosselé avec des cornes antérieures larges et courtes, des cornes postérieures longues et effilées et des cornes latérales à peine développées.
-Autour, la substance blanche est divisée en deux moitiés symétriques par deux sillons : l'un, antérieur, large ; l'autre, postérieur, prolongé en profondeur par une mince cloison. L'émergence des nerfs rachidiens divise chaque moitié en trois cordons antérieur, latéral et postérieur.
La substance grise et les ganglions renferment les corps des cellules nerveuses, tandis que la substance blanche et les nerfs sont formés uniquement de fibres.

            Anatomie du cerveau (1ére partie)

 



 

 

 

 

Le cerveau proprement dit est formé de deux hémisphères cérébraux, d'aspect plissés dont la substance blanche, interne, est recouverte d'un cortex cérébral gris, d'épaisseur variable. Trois sillons plus accentués (scissure de Sylvius, sillon de Rolando, sillon perpendiculaire) divisent chaque hémisphère en quatre lobes (frontal, temporal, pariétal, occipital) comprenant chacun un certain nombre de circonvolutions.



Chaque hémisphère abrite système ventriculaire de forme complexe : C'est une cavité remplie de liquide céphalo-rachidien dont l'excès (par obstacle à son écoulement) entraînera une dilatation ventriculaire appelée hydrocéphalie qui progressivement comprimera les structures cérébrales.
Les hémisphères sont unis l'un à l'autre par deux ponts de substance blanche : le corps calleux et le trigone. Entre ces deux ponts, les ventricules latéraux ne sont séparés que par une fine cloison transparente.

            Anatomie du cerveau (2e partie)

 

 

 

Le cerveau est la partie la plus volumineuse de l'encéphale.

Dans la région ventrale du cerveau, juste au-dessous des ventricules latéraux (voir la 1e partie sur l'anatomie du cerveau), sont situées des masses grises, les corps striés, unies par une commissure blanche.

Un peu en arrière des corps striés sont insérées deux masses volumineuses : Les couches optiques (ou thalamus), unies par une commissure grise.

Les deux couches optiques sont séparées par le troisième ventricule que traverse la commissure grise.
Le troisième ventricule communique avec les ventricules latéraux par les trous de Monro, et avec le quatrième ventricule par l'aqueduc de Sylvius.
La base du 3e ventricule constitue l'hypothalamus, véritable « cerveau » de la vie végétative, auquel est reliée une glande endocrine dépendante de lui et aux fonctions multiples : L'hypophyse.

Le cervelet est une masse grise, finement plissée, comprenant un lobe médian étroit le vermis, et deux hémisphères cérébelleux.

 

            Anatomie du tissu nerveux

 



 

La substance grise et les ganglions renferment les corps des cellules nerveuses, tandis que la substance blanche et les nerfs sont formés uniquement de fibres.
Les fibres (dendrites et axones) observées dans la substance blanche et dans les nerfs sont les prolongements des corps cellulaires (multipolaires ou bipolaires) observés dans la substance grise et dans les ganglions spinaux.
L'ensemble formé par un corps cellulaire et les fibres qui s'y rattachent constitue la cellule nerveuse, ou neurone.

Les cellules nerveuses sont de forme irrégulière et sont dites multipolaires. Les sommets de ces cellules multipolaires portent des prolongements qui sont le plus souvent rugueux et ramifiés comme les branches d'un arbre : ce sont les dendrites (du grec dendron, arbre). L'un d'eux, cependant, est lisse et semble dépourvu de ramifications : c'est l'axone.
Le contenu cellulaire présente un aspect qui varie. Parfois, le cytoplasme a un aspect marbré dû à des amas, ou corps de Nissl, faits de réticulum très dense. Parfois, il semble formé de filaments enchevêtrés, ou neurofibrilles. Parfois enfin, il montre des dictyosomes nombreux et serrés donnant l'impression d'un réseau continu (réseau de Golgi).
Un nerf contient des fibres - axones ou dendrites - entourées d'une gaine isolante présentant de loin en loin des étranglements. La partie externe de la gaine est formée de cellules en manchon, unies bout à bout : c'est la gaine de Schwann. La gaine de Schwann, fine et continue, est séparée de la fibre par une gaine de myéline épaisse et interrompue au niveau des étranglements.



La forme des cellules est différente suivant la localisation : cellules étoilées de la moelle, cellules pyramidales du cortex cérébral, cellules piriformes (cellules de Purkinje) du cortex cérébelleux, cellules arrondies des ganglions spinaux. Celles-ci possèdent une seule dendrite (ce sont des cellules bipolaires) qui effectue avec l'axone un trajet commun évoquant la lettre T.



La coupe transversale d'un nerf montre que les fibres sont réunies en faisceaux entourés de gaines conjonctives. Le diamètre des fibres est variable, les plus grosses étant les plus longues.



La structure de la substance blanche est très comparable à celle des nerfs, mais chaque fibre est entourée d'une gaine de myéline sans gaine de Schwann.
C'est la destruction de la myéline qui est en cause dans la sclérose en plaques.

L'influx nerveux parcourt le neurone dans le sens dendrites corps cellulaire axone.
Le passage de l'influx d'un neurone sur un autre se fait grâce à une articulation, ou synapse, qui relie l'axone du premier aux dendrites ou au corps cellulaire du second.
L'influx chemine très rapidement le long des fibres (jusqu'à 100 m par seconde), mais le franchissement des synapses le retarde. Le temps mis par un message nerveux pour aller d'un point à un autre dépend plus du nombre de synapses à franchir que de la distance à parcourir.
Certaines voies très rapides font appel à un nombre restreint de neurones. Ainsi, la commande d'un muscle du pied par le centre moteur du cerveau ne fait que deux neurones : l'un d'eux est une cellule pyramidale du cortex cérébral, l'autre, une cellule multipolaire de la corne antérieure de la moelle.
A l'inverse des voies particulièrement lentes s'observent dans la formation réticulée où de nombreux neurones très courts sont unis par des synapses multiples (structure polysynaptique).

Les messages nerveux venus des centres parcourent les nerfs moteurs et déclenchent la contraction des muscles. Les messages venus des organes sensoriels parcourent les nerfs sensitifs et aboutissent aux centres.
Au niveau des centres inférieurs (moelle épinière, tronc cérébral), ils sont à l'origine de réactions immédiates appelées réflexes. Au niveau du cortex cérébral, ils sont à l'origine des sensations conscientes.

Les neurones, comme les fibres musculaires striées, sont des cellules hautement spécialisées qui ont perdu le pouvoir de se diviser. Pour le système nerveux, l'Homme dispose à sa naissance d'un nombre défini de cellules (plusieurs milliards) qu'il conservera en principe pendant toute sa vie.
Si, à la suite d'une maladie ou d'un accident, des cellules nerveuses ou musculaires sont détruites, la perte ainsi causée est irrémédiable. De même avec certains toxiques (drogue, alcool, etc..)
Si une fibre nerveuse est coupée, la partie de la fibre isolée du corps cellulaire dégénère. Mais, s'il s'agit d'un nerf, l'extrémité unie au corps cellulaire s'allonge, s'engage dans la gaine de Schwann vide et rétablit la liaison nerveuse. C'est pourquoi la paralysie provoquée par la section d'un nerf moteur peut être guérie si les deux extrémités sont maintenues ou remises bout à bout.

 

Anatomie fonctionnelle du cerveau

 



Le cortex cérébral renferme dix milliards de neurones interconnectés entre eux, cet ensemble est responsable de ce qu'on appelle la pensée, le moi. Cependant certaines zones du cerveau sont spécialisées dans certaines fonctions.
On individualise ainsi une aire motrice, une aire sensitive, une aire visuelle, une aire auditive.
A proximité de ces aires s'étendent des régions moins bien délimitées, ce sont les centres d'association psychique qui vont intégrer la sensation élémentaire (perception) et l'identifier (gnosie).
La majorité de ces voies nerveuses sont croisées c'est à dire que les voies de la sensibilité de la moitié du corps gauche sont ressenties par l'hémisphère cérébral droit et inversement, de même la commande de la moitié du corps gauche est sous la dépendance de l'hémisphère cérébral droit et inversement.
Le « cerveau » gauche est le dominant chez un droitier, le droit chez un gaucher. Ainsi chez le droitier, c'est le cerveau gauche qui va héberger le centre de la parole et les raisonnements de type mathématiques, alors que le droit sera plutôt celui du sens artistique et de l'intuition.

L'aire sensitive :

Les voies de la sensibilité générale consciente (cutanée et profonde) atteignent le cortex après croisement dans la moelle et le bulbe, et relais dans les noyaux thalamiques. L'aire de projection correspond à la circonvolution pariétale ascendante

L'aire psycho-sensitive :

En arrière de l'aire sensitive primaire s'étend une aire secondaire.
Le malade qui présente une lésion de cette aire ressent normalement les sensations élémentaires et ne présente aucun symptôme d'anesthésie, mais il ne perçoit aucune impression d'ensemble (agnosie). Il est incapable d'identifier les objets qu'il touche et a perdu complètement le sens des attitudes.
Dans cette aire sont enregistrées les images tactiles antérieurement acquises : donc outre un centre d'intégration des sensations présentes c'est aussi un centre de mémoire des perceptions.

Les aires visuelle et psycho-visuelle :
Les voies de la sensibilité visuelle consciente, partiellement croisées dans le chiasma, aboutissent dans la région occipitale.
Toute lésion de l'aire visuelle entraîne une cécité partielle correspondant à une région définie du champ visuel.
La rétine se projette point par point sur l'aire visuelle, mais le territoire cortical correspondant à la fovea est relativement très étendu.
En avant de l'aire visuelle primaire s'étend l'aire psycho-visuelle.
La stimulation électrique d'un point de cette aire fait apparaître des hallucinations évoquant des objets ou même des scènes plus complexes. La destruction partielle de l'aire secondaire entraîne une agnosie visuelle : le sujet voit les objets, mais ne les reconnaît pas ; il a perdu tout souvenir des perceptions antérieures. C'est le cas par exemple dans la cécité verbale : le malade voit parfaitement la page écrite placée sous ses yeux, mais il ne peut en déchiffrer un mot, comme si cette page était composée de signes inconnus.
La destruction des lobes occipitaux crée une «nuit psychique » beaucoup plus complète qu'en cas de lésion sur les voies optiques : non seulement le sujet est aveugle, mais il a perdu tout souvenir de ses perceptions visuelles antérieures.

Les aires auditive et psycho-auditive :

Les voies de la sensibilité auditive consciente, partiellement croisées dans le bulbe, rejoignent le cortex vers le milieu de la première circonvolution temporale.
De même que la rétine se projette sur l'aire visuelle, la cochlée ou limaçon se projette sur l'aire auditive. Les sons aigus (base de la cochlée) sont perçus à l'arrière, les graves (sommet de la cochlée), à l'avant.
Au-dessous de l'aire auditive primaire s'étend une aire secondaire où se fait l'identification des sons.
Une lésion à ce niveau va entraîner une surdité verbale : le malade entend bien son interlocuteur mais il ne le comprend pas, comme si celui-ci s'exprimait dans une langue étrangère.

L'aire motrice :

Elle est située dans la circonvolution frontale ascendante, c'est un véritable clavier de commande assurant la contraction élémentaire de tous les muscles. Le système musculaire tout entier se projette ainsi sur la circonvolution frontale, mais l'étendue de chaque centre moteur dépend, non de la masse des muscles qu'il représente, mais de la précision des mouvements dont ces muscles sont capables : ainsi, chez l'Homme, la face et les mains occupent une fraction importante de l'aire motrice.
En avant de l'aire motrice primaire s'étend une aire secondaire dédiée à la coordination des contractions élémentaires et leur orientation vers un but précis (praxie).
Le malade qui présente une lésion à ce niveau ne manifeste aucun symptôme de paralysie, mais ses gestes sont maladroits et tous les mouvements complexes acquis lors d'un apprentissage sont oubliés (apraxie).
Les apraxies sont à la motricité volontaire ce que les agnosies sont à la sensibilité consciente.
Les plus étonnantes concernent le langage : le malade raisonne normalement, mais il est incapable d'écrire (agraphie) ou d'articuler les mots (anarthrie) qui pourraient traduire sa pensée.
L'aire psycho-motrice (comme d'ailleurs l'aire psycho-sensitive) de l'un des hémisphères est prédominante : Il s'agit de l'hémisphère gauche chez les droitiers, de l'hémisphère droit chez les gauchers.
Cette prédominance permet une meilleure coordination des mouvements symétriques, d'où l'intérêt de ne pas contrarier un gaucher.

Les lobes frontaux :
en avant de l'aire psycho-motrice.
Une destruction importante du lobe frontal se traduit par un déficit intellectuel et par des troubles du comportement.
Les lobes frontaux occupent le sommet dans la hiérarchie nerveuse.
A ce niveau, toute tentative de localisation demeure vaine.

Les formations extra corticales :

*L'hypothalamus, situé dans le plancher du 3e ventricule, occupe le sommet de la hiérarchie neuro-végétative. C'est pourquoi ce sont des influx d'origine hypothalamique qui déclenchent toute la gamme des réactions viscérales liées à l'expression des émotions : variation de diamètre de la pupille, dilatation ou contraction des vaisseaux cutanés (rougissement ou blêmissement), variation des rythmes respiratoire et cardiaque, relâchement des sphincters, émission des larmes, hérissement des poils, sudation...
Ces réactions hypothalamiques peuvent être déclenchées par des influx venant du thalamus ou du rhinencép

Jeudi 27 Septembre 2007

Le Ramadan est une période très importante pour tous les musulmans. On ne doit ni boire, ni manger depuis l'aube jusqu'au crépuscule. Le renoncement à toute nourriture solide contraint l'organisme à se brancher sur ses réserves internes.

Le Ramadan a des conséquences médicales importantes, dans le domaine hormonal, dans le domaine de l'hydratation, sur le transit, dans le domaine psychologique également.

Dans le domaine hormonal

Le jeûne entraîne une inversion des cycles insuline-glucagon. Durant le reste de l'année, l'hormone digestive la plus sécrétée est l'insuline qui permet au glucose de pénétrer dans les cellules pour y être consommé et transformé en énergie. Elle permet également la mise en réserve du surplus d'énergie fournie par l'alimentation.
L'insuline en faisant entrer le glucose dans les cellules entraîne dans les premiers jours de ramadan des hypoglycémies qui sont responsables de la sensation de faim ressentie par le jeûneur.
Durant le ramadan, après les premiers jours, l'insuline laisse sa place prédominante au glucagon. Le glucagon est l'hormone du jeûne, elle va mobiliser les réserves de l'organisme en particulier les graisses pour fabriquer le précieux glucose qui n'est plus apporté par l'alimentation.
La prédominance du glucagon au bout de quelques jours de jeûne permet de moins présenter d'hypoglycémies graves et donc de moins sentir la faim.

Dans le domaine de l'hydratation

Le corps perd naturellement de l'eau en permanence : par la respiration, par la transpiration, par les urines et par le tube digestif. En temps normal, les apports couvrent les pertes, si ce n'est pas le cas, la soif nous rappelle à nos devoirs vis à vis de notre corps.
Mais lors du jeûne, il ne nous est pas possible de répondre à la soif en absorbant de l'eau. Le corps va alors s'adapter en réduisant les pertes : les urines deviennent beaucoup plus concentrées et moins abondantes, le tube digestif récupère l'eau des selles qui deviennent alors plus dures.

Troubles du sommeil

Une diminution du temps de sommeil de deux à quatre heures avec un sommeil court et fractionné est signalée, souvent en parallèle d'une diminution des performances cognitives et sportives étudiées pendant la journée.

Conséquences biologiques

Outre la glycémie dont on vient de parler, la calcémie accuse en début de nuit, une diminution significative, mais sans atteindre le seuil inférieur de la normale. Le cholestérol total et l'oxydation des graisses augmentent significativement, de même que l'uricémie. Le taux d'insuline diminue le jour pour augmenter le soir, tout comme la gastrine. Les globules blancs et les plaquettes une légère diminution. Le pH gastrique voit sa moyenne diminuée ; cette diminution persiste un mois après le ramadan.
Le jeûne du mois de ramadan semble par contre n'avoir aucune influence sur la pression artérielle et la fréquence cardiaque mesurées en ambulatoire pendant ce mois.

D'une manière générale, le jeûne semble bien supporté par les personnes saines.
Qu'en est-il des personnes malades ?

Les conséquences sur la santé des malades et la morbidité propre du ramadan ont été l'objet de différentes études. On a décrit plusieurs situations :

  • La fréquentation des urgences pour accident augmenterait pendant le ramadan dans certaines études. Ainsi les admissions dans un hôpital du Qatar ont montré une augmentation des admissions pour ulcère duodénal et asthme bronchique et une diminution des hospitalisations pour angor et hypertension artérielle. Cette étude a été confirmée par d'autres réalisées dans d'autres pays musulmans.
  • La pathologie asthmatique est aggravée, conséquence probable d'une mauvaise observance médicamenteuse, et ce, malgré la non consommation de tabac pendant la journée.
  • Les pathologies psychiatriques sont exacerbées, a priori pour des raisons d'observance médicamenteuse.
  • Sur la grossesse et l'allaitement, les conséquences du ramadan sont moins bien connues. Pour certains, le jeûne aurait des conséquences néfastes tant sur le score d'Apgar qui diminue que sur la déshydratation qu'il accentue pendant l'allaitement.
  • Enfin, on note une stabilité des hospitalisations consécutives à la décompensation d'un diabète. Le diabète non insulino-dépendant est l'une des affections les mieux étudiées pendant le ramadan. Malgré la grande diversité des adaptations posologiques spontanément adoptées par les patients, et une proportion importante de patients déséquilibrés, il n'y a pourtant pas d'augmentation sensible des hospitalisations pendant cette période pour cette pathologie. L'inversion des prises semble sûre.

S'il ne semble pas entraîner de conséquences majeures sur la santé des malades, le jeûne nécessite néanmoins une prise en charge spécifique qui passe notamment par l'adaptation des schémas et des posologies de traitement, et des conseils pratiques de prévention pour limiter la morbidité.

  • Pour tout malade qui désire jeûner, une consultation avant, pendant et après le ramadan, au titre de la prévention s'avère indispensable.
  • Il faut savoir préciser comment s'est déroulé le ramadan antérieur
  • Dans tous les cas rappeler quelques conseils faciles à mettre :
    • s'hydrater dès la rupture du jeûne, et juste avant sa reprise, au matin ;
    • éviter les excès de sucres rapides et de graisses ;
    • manger au repas qui précède l'aube, notamment des sucres lents ;
    • faire une sieste en début d'après-midi ;
    • prendre les médicaments au moment des repas (sauf contre-indications pharmacocinétiques) ;
  • Certains aménagements thérapeutiques sont possibles :
    • prises d'antidiabétiques oraux inversées ;
    • injections d'insuline retard réduites, concentrées au moment de la rupture du jeûne.

Pour conclure, nous conseillons d'adopter une alimentation équilibrée.
S'il est essentiel de bien manger le soir avant de se coucher, cela ne signifie pas "trop manger" car c'est paradoxalement durant le mois de Ramadan que les mauvais comportements alimentaires sont les plus en augmentation au lieu d'être en chute libre.

Bon mois de Ramadan à tous !

publié par Professeur Larbi Abid dans: aminophone213
Mardi 25 Septembre 2007

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